La Fourbure

La Fourbure est un trouble particulièrement grave qui atteint l’extrémité des membres et plus particulièrement les antérieurs.

Un peu d’anatomie : le cheval marche sur l’ongle de son troisième doigt et donc sur sa troisième phalange. Le lien entre l’ongle = le sabot et l’os de la troisième phalange s’appelle le podophylle qui est un tissu particulièrement vascularisé et composé de très nombreuses lames qui assurent la soudure entre sabot et os.  

La fourbure, c’est une inflammation de ces lames du podophylles. Il y a alors congestion, œdème et accumulation de liquides qui ne peuvent s’évacuer (sang et lymphe).

Les symptômes de la fourbure aiguë :

  • Le pouls s’accélère ;
  • La température s’élève assez peu : il n’y a pas de forte fièvre ;
  • Douleur intense : le cheval se place alors en position antalgique avec ses antérieurs en avant et ses postérieurs sous lui pour soulager les antérieurs ; si la fourbure concerne les 4 membres : le cheval les place alors sous lui pour les soulager et parfois ne parvient plus à se lever ;
  • Boiterie prononcée : lorsqu’on le force à marcher le cheval courbe le dos, tend sa tête en avant et projette les postérieurs sous lui pour soulager les antérieurs ;
  • Les sabots sont très chauds et douloureux : lors de percussion du sabot : la douleur est vive ;
  • Le cheval a d’énormes difficultés pour se coucher et quand il y arrive, il reste allongé de tout son long sur le coté pendant un temps anormalement long, il a aussi du mal à se relever.

Si l’inflammation se prolonge, la fourbure devient chronique et les lames podophylleuses peuvent se nécroser et se détacher. Il n’y  a alors plus de lien assez solide entre le sabot et la troisième phalange et celle-ci peut alors basculer, sous le poids du cheval et déformer la sole voire la perforer.

Origines :

  • Excès d’herbe, surtout quand celle-ci est riche en jeunes légumineuses (trèfle…) pour des chevaux gras ou ayant tendance à l’embonpoint, Nos Fjords sont donc particulièrement exposés comme d’autres races de poneys rustiques.
  • Excès de céréales (blé, maïs) ou d’aliment complet. Pensez au risque de fourbure si un cheval a éventré un sac de granulé et s’en est fait une ventrée.
  • Manifestations allergiques ou toxiques, intoxication médicamenteuse (attention aux corticoïdes).
  • Une jument qui a mal délivré et qui présente une infection utérine peut faire une fourbure dans la foulée.
  • Station debout prolongée lors d’un transport en bateau ou en train ou lors de problème sur un pied.
  • Toute infection mal soignée qui traine et met l’animal en souffrance

Traitement : appeler le vétérinaire : c’est une urgence vitale ! et le maréchal-ferrant : il est souvent de bon conseil

  • En tout premier lieu, il faut diminuer l’inflammation par des anti-inflammatoires, prescrits par votre vétérinaire mais aussi par des douches froides ou des bains dans un ruisseau.
  • Il faut aussi supprimer dans l’urgence la cause de fourbure : si elle est alimentaire, mettre le cheval à la diète, si elle est infectieuse, traiter l’infection …
  • Il faut aussi déferrer le cheval pour le soulager.
  • On peut faire des emplâtres locaux à base d’argile et de teinture mère (calendula et echinacea) et prescrire de l’homéopathie (hypericum et belladona en 15CH de suite).
  • On peut aussi creuser la muraille du pied pour soulager la pression et permettre l’évacuation des liquides

Prévention : mieux vaut prévenir que guérir !

  • En cas de non délivrance, il est important de faire intervenir le vétérinaire afin de délivrer la jument et ainsi d’éviter toute infection. Traiter toute infection avec sérieux ;
  • Eviter pour les races de poneys et chevaux prédisposés, type fjord par exemple, de les laisser prendre trop d’embonpoint et les rationner si besoin de façon drastique (pâturage tournant, voire les mettre sur de la terre !), même si cela n’est pas toujours facile, surtout psychologiquement.
  • Une ferrure spécifique peut aider lors de fourbure chronique à éviter le basculement de la troisième phalange.